Echo du Vélo
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Rencontre avec Cyril Saugrain

Acte I


Cyril Saugrain bien chez les ch’tis !


Jean-Marc Hecquet

A 39 ans, et après dix saisons dans les pelotons professionnels Aubervilliers, Cofidis, Française des Jeux, Auber Big Mat 93, le francilien Cyril Saugrain s’est installé chez nous dans le Nord, ayant en charge les responsabilités du Magasin BTWIN Village. Un site unique en son genre, totalement dédié au vélo. Un espace unique au monde, on y trouve tout pour et autour du vélo ! Un site prêt a accueillir en 2012 toutes les écoles de cyclisme dans un espace et site totalement sécurisé.

En 2003, je décide d’arrêter

Sur un vélo depuis plus de vingt ans, le « titi parisien » des pelotons n’exclut pas de revenir dans le peloton, sans doute pour terminer une carrière trop vite interrompue : « Je pensais stopper en 2005. Mais l’heure est arrivée en 2003. Quand on a plus envie de s’entraîner » , le vainqueur au lac de Madines en 1996 a fait son choix. Sans pression. Maintenant, il peut jeter un regard sur son passé, qui lui, laisse quelques regrets mais surtout de nombreuses joies : « J’ai vécu des grands moments et connus des hommes extraordinaires qui m’ont marqué par leur humanisme, Stéphane Heulot et Félix Garcia-Casas. Deux leaders exemplaires ». Cyril Saugrain, la révélation du Tour 96, consécration de l’esprit d’Auber qu’il a toujours symbolisé, n’a jamais confirmé ses belles dispositions lors de ses passages chez Cofidis et La Française des jeux : « J’ai commis des erreurs de jeunesse chez Cofidis, je suis entré dans un conflit dans lequel je ne suis pas sorti gagnant ».

Fin 2003, l’ex-vainqueur d’étape du Tour 1996, décide d’arrêter : « A cette époque, je suis parti 9 mois en formation à PAU, dernier gros sacrifice avant de passer plus de temps en famille, une des raisons qui m’a poussé vers la retraite cycliste ». A la fin de cette formation au CNPC de PAU, il entre chez Décathlon, grâce à Angélique Thibault : « Aujourd’hui, je la remercie encore de sa confiance ». Collaborant au sein du magasin Décathlon de Meaux : « Décathlon, c’est une boite qui partage de vraies valeurs humaines où tu peux t’épanouir dans un climat convivial. Il y a des moments sérieux et d’autres de convivialité ».

Depuis mars 2010, Cyril Saugrain s’est donc établi dans le nord avec pour projet d’ouvrir et de faire s’articuler le "Monde Merveilleux du Vélo au btwin village" : « Chaque jour, je prends un vrai plaisir à satisfaire mes clients avec une équipe de pratiquants ». C’est ainsi qu’il recruta l’ex-coureur roubaisien Jocelyn BAR (ex-Roubaix Lille Métropole) : « Un mec extra qui a tout compris » . Le personnel du site rassemble environ 450 personnes, dont beaucoup de recrutements dans la région (magasin, usine, les équipes de la marque btwin, les équipes mknix, services divers). La marge de progression du B’Twin village est grande, car une partie du site reste à exploiter. Ce site est voué à devenir un lieu incontournable pour tous les passionnés du vélo, c’est tout de même 3000m² de surface de vente, 90% de vélo et articles cycles. "Nous sommes le seul magasin au monde à distribuer du vélo découverte au vélo compétition. Nos clients vont du débutant aux pratiquants intensif, d’ailleurs depuis que je suis au btwin village, j’ai retrouvé pas mal de collègues pour rouler. J’espère prendre part à l’étape du tour le 8 juillet 2012 ALBERVILLE – LA TOUSSUIRE (et même Paris Roubaix cyclo sportif) »

Echo du Vélo a rencontré Cyril Saugrain :

Echo du Vélo : "Comment êtes-vous venu au vélo, vous souvenezvous de votre premier vélo, du premier entraîneur, de vos idoles du peloton ?"

Cyril Saugrain : "Je suis venu au vélo un peu sur le tard et un peu par hasard. En fait, je souhaitais être footballeur professionnel surtout que j’ai grandi et partagé les terrains de mes débuts avec Christophe Revault au club de Sevran et sur le terrain de notre quartier résidentiel. Donc je pratiquais le vélo l’été aux cotés de mon père avec qui je partais faire une petite boucle après sa sortie d’entrainement. Je trépignais en attendant son retour pour pouvoir étrenner mon maillot de « Champion du monde » élevé sous les exploits de Bernard Hinault.Très vite, mon premier vélo de course Bleu est devenu trop petit. Ce fut là le moment clef ! Un de ses amis « Patrick Lebanc », qui s’occupais des jeunes au club de l’US Bois Saint-Denis 93 en « FSGT » lui proposa un vélo. Un vrai vélo de course Rouge. Et là, tout s’enchaine, nous sommes en février 1987, l’hiver est froid, très froid et les terrains de foot sont gelés, donc pas de match. Patrick propose à mon père de venir essayer le vélo, c’est ma première sortie, avec les cadets alors que je n’étais que minime. J’ai souffert mais me suis accroché. Je me souviens d’avoir dormi toute l’après-midi".

"Le Weekend suivant, rebelote, mon père était ravi, il m’avait refilé son virus sans savoir ce qui l’attendais. Un soir, dans la semaine qui a suivi, j’ai dit à mon père que j’arrêtais le foot et que je voulais faire du vélo, au début il n’était pas trop d’accord : « je devais finir la saison de foot » ou alors "je devais appeler l’entraineur et lui expliqué seul ce que j’ai fait ! ». Une semaine plus tard, j’ai effectué ma première course et j’ai pris un tour par Yannick Boulnois qui dominait de la tête et des épaules notre catégorie de minime, il est d’ailleurs devenu champion de France minimes « moi j’étais remplaçant ! ». Voilà, c’était parti et en fin de cette première saison où je m’efforçais à ne pas me faire battre par une des féminines qui partageait nos courses, j’ai eu mes premiers résultats « en retour de vacances où j’avais pu rouler un peu plus ». Les résultats arrivèrent avec pour les trois dernières courses d’encourageants résultats : 2ème, 5ème et 3ème. J’étais plein d’espoir pour ma future première saison en cadets".

"Mon premier entraineur est arrivé plus tard. En fait, il y en avait deux très différents mais très complémentaires. Chez les juniors, je suis entré aux Sports Etudes de Coulommiers et tout cela grâce au Docteur Petit qui lors des tests d’efforts nécessaires à l’obtention de la licence à dit à mon père que j’avais des qualités d’endurance et qu’il me fallait travailler. Nous avons donc contacté Jean Pierre DEMENOIS « qui s’occupait du sport étude », afin de l’intégrer. Il me fallait aussi rallier un club FFC, ce fut choses faites au CM Aubervilliers, très bon choix avec le recul, là, j’y ai rencontré Jean Pierre FRAIOLI. Voilà donc les deux premières pierres qui m’ont permis de me construire".

Jean Pierre Fraioli

Cyril Saugrain : « C’est le technicien qu’il me fallait, il me donnait le moral, la confiance, le sens de la course, m’a fait découvrir toutes les disciplines. Nous avions une équipe de folie ? on gagnait quasi tous les week-end, et le tout dans la bonne humeur sans se prendre la tête. C’était mon mentor. Un regret : ne pas être resté aussi proche de Jean pierre une fois passé chez les pros car il a toujours su me relancer quand c’était dur. Merci"

Jean Pierre Demenois

Cyril Saugrain : "Lui, c’est le scientifique, la science de l’entrainement de Jean pierre, je retiendrais une phrase qui s’étalais sur mon carnet d’entrainement : « On ne nait pas champion, on le devient ». J’ai beaucoup appris à ses cotés, et compris que l’entrainement était la base de tout ".

Echo du Vélo : "En 1994, vous passez pro à Auber. Comment fut votre comportement (discret, sans complexes) et parlez-nous de ce titre de Champion de France espoirs 1994 ?"

Cyril Saugrain : "Fin de saison 93, je gagne Paris Tours amateurs, puis je rentre en décembre au bataillon de Joinville drivé par Michel THEZE : « un autre Grand Mr ». Je fais un très bon début de saison puis après deux grosses chutes (une avec le Bataillon de Joinville au Tour du Loire et Cher, treize points de suture à la fesse gauche et l’autre 2 mois et demi plus tard avec l’équipe de France en Espagne fracture de la clavicule, je passe à côté des championnats), il ne me reste plus que le championnat de France Espoirs en septembre. Ce jour-là, je suis sur un nuage, et je n’imagine pas perdre cette course, ce qui va s’avérer vrai, je finis donc l’année sous un maillot Bleu blanc rouge et fais mes premières courses « pros ». C’est dans la cour des grands qu’il effectue la Fin de saison 94 : « je participe à Paris Bruxelles et Grand Prix d’Isbergues que je finis plutôt bien placé (dans les 30 je crois). Après, c’est l’hiver, un peu de cross et l’envie de faire un bon début de saison. Dès ma première course au Tour Méditerranéen, je comprends la différence et le chemin qui reste à accomplir entre le monde des amateurs et les Pros, ça remet les idées en place".

Suite de la rencontre avec Cyril Saugrain dans une deuxième partie à venir !

 

A 39 ans, et après dix saisons dans les pelotons professionnels Aubervilliers, Cofidis, Française des Jeux, Auber Big Mat 93, le francilien Cyril Saugrain s’est installé chez nous dans le Nord, ayant en charge les responsabilités du Magasin BTWIN Village. Un site unique en son genre, totalement dédié au vélo. Un espace unique au monde, on y trouve tout pour et autour du vélo ! Un site prêt a accueillir en 2012 toutes les écoles de cyclisme dans un espace et site totalement sécurisé.

En 2003, je décide d’arrêter

Sur un vélo depuis plus de vingt ans, le « titi parisien » des pelotons n’exclut pas de revenir dans le peloton, sans doute pour terminer une carrière trop vite interrompue : « Je pensais stopper en 2005. Mais l’heure est arrivée en 2003. Quand on a plus envie de s’entraîner » , le vainqueur au lac de Madines en 1996 a fait son choix. Sans pression. Maintenant, il peut jeter un regard sur son passé, qui lui, laisse quelques regrets mais surtout de nombreuses joies : « J’ai vécu des grands moments et connus des hommes extraordinaires qui m’ont marqué par leur humanisme, Stéphane Heulot et Félix Garcia-Casas. Deux leaders exemplaires ». Cyril Saugrain, la révélation du Tour 96, consécration de l’esprit d’Auber qu’il a toujours symbolisé, n’a jamais confirmé ses belles dispositions lors de ses passages chez Cofidis et La Française des jeux : « J’ai commis des erreurs de jeunesse chez Cofidis, je suis entré dans un conflit dans lequel je ne suis pas sorti gagnant ».

Fin 2003, l’ex-vainqueur d’étape du Tour 1996, décide d’arrêter : « A cette époque, je suis parti 9 mois en formation à PAU, dernier gros sacrifice avant de passer plus de temps en famille, une des raisons qui m’a poussé vers la retraite cycliste ». A la fin de cette formation au CNPC de PAU, il entre chez Décathlon, grâce à Angélique Thibault : « Aujourd’hui, je la remercie encore de sa confiance ». Collaborant au sein du magasin Décathlon de Meaux : « Décathlon, c’est une boite qui partage de vraies valeurs humaines où tu peux t’épanouir dans un climat convivial. Il y a des moments sérieux et d’autres de convivialité ».

Depuis mars 2010, Cyril Saugrain s’est donc établi dans le nord avec pour projet d’ouvrir et de faire s’articuler le "Monde Merveilleux du Vélo au btwin village" : « Chaque jour, je prends un vrai plaisir à satisfaire mes clients avec une équipe de pratiquants ». C’est ainsi qu’il recruta l’ex-coureur roubaisien Jocelyn BAR (ex-Roubaix Lille Métropole) : « Un mec extra qui a tout compris » . Le personnel du site rassemble environ 450 personnes, dont beaucoup de recrutements dans la région (magasin, usine, les équipes de la marque btwin, les équipes mknix, services divers). La marge de progression du B’Twin village est grande, car une partie du site reste à exploiter. Ce site est voué à devenir un lieu incontournable pour tous les passionnés du vélo, c’est tout de même 3000m² de surface de vente, 90% de vélo et articles cycles. "Nous sommes le seul magasin au monde à distribuer du vélo découverte au vélo compétition. Nos clients vont du débutant aux pratiquants intensif, d’ailleurs depuis que je suis au btwin village, j’ai retrouvé pas mal de collègues pour rouler. J’espère prendre part à l’étape du tour le 8 juillet 2012 ALBERVILLE – LA TOUSSUIRE (et même Paris Roubaix cyclo sportif) »

Echo du Vélo a rencontré Cyril Saugrain :

Echo du Vélo : "Comment êtes-vous venu au vélo, vous souvenezvous de votre premier vélo, du premier entraîneur, de vos idoles du peloton ?"

Cyril Saugrain : "Je suis venu au vélo un peu sur le tard et un peu par hasard. En fait, je souhaitais être footballeur professionnel surtout que j’ai grandi et partagé les terrains de mes débuts avec Christophe Revault au club de Sevran et sur le terrain de notre quartier résidentiel. Donc je pratiquais le vélo l’été aux cotés de mon père avec qui je partais faire une petite boucle après sa sortie d’entrainement. Je trépignais en attendant son retour pour pouvoir étrenner mon maillot de « Champion du monde » élevé sous les exploits de Bernard Hinault.Très vite, mon premier vélo de course Bleu est devenu trop petit. Ce fut là le moment clef ! Un de ses amis « Patrick Lebanc », qui s’occupais des jeunes au club de l’US Bois Saint-Denis 93 en « FSGT » lui proposa un vélo. Un vrai vélo de course Rouge. Et là, tout s’enchaine, nous sommes en février 1987, l’hiver est froid, très froid et les terrains de foot sont gelés, donc pas de match. Patrick propose à mon père de venir essayer le vélo, c’est ma première sortie, avec les cadets alors que je n’étais que minime. J’ai souffert mais me suis accroché. Je me souviens d’avoir dormi toute l’après-midi".

"Le Weekend suivant, rebelote, mon père était ravi, il m’avait refilé son virus sans savoir ce qui l’attendais. Un soir, dans la semaine qui a suivi, j’ai dit à mon père que j’arrêtais le foot et que je voulais faire du vélo, au début il n’était pas trop d’accord : « je devais finir la saison de foot » ou alors "je devais appeler l’entraineur et lui expliqué seul ce que j’ai fait ! ». Une semaine plus tard, j’ai effectué ma première course et j’ai pris un tour par Yannick Boulnois qui dominait de la tête et des épaules notre catégorie de minime, il est d’ailleurs devenu champion de France minimes « moi j’étais remplaçant ! ». Voilà, c’était parti et en fin de cette première saison où je m’efforçais à ne pas me faire battre par une des féminines qui partageait nos courses, j’ai eu mes premiers résultats « en retour de vacances où j’avais pu rouler un peu plus ». Les résultats arrivèrent avec pour les trois dernières courses d’encourageants résultats : 2ème, 5ème et 3ème. J’étais plein d’espoir pour ma future première saison en cadets".

"Mon premier entraineur est arrivé plus tard. En fait, il y en avait deux très différents mais très complémentaires. Chez les juniors, je suis entré aux Sports Etudes de Coulommiers et tout cela grâce au Docteur Petit qui lors des tests d’efforts nécessaires à l’obtention de la licence à dit à mon père que j’avais des qualités d’endurance et qu’il me fallait travailler. Nous avons donc contacté Jean Pierre DEMENOIS « qui s’occupait du sport étude », afin de l’intégrer. Il me fallait aussi rallier un club FFC, ce fut choses faites au CM Aubervilliers, très bon choix avec le recul, là, j’y ai rencontré Jean Pierre FRAIOLI. Voilà donc les deux premières pierres qui m’ont permis de me construire".

Jean Pierre Fraioli

Cyril Saugrain : « C’est le technicien qu’il me fallait, il me donnait le moral, la confiance, le sens de la course, m’a fait découvrir toutes les disciplines. Nous avions une équipe de folie ? on gagnait quasi tous les week-end, et le tout dans la bonne humeur sans se prendre la tête. C’était mon mentor. Un regret : ne pas être resté aussi proche de Jean pierre une fois passé chez les pros car il a toujours su me relancer quand c’était dur. Merci"

Jean Pierre Demenois

Cyril Saugrain : "Lui, c’est le scientifique, la science de l’entrainement de Jean pierre, je retiendrais une phrase qui s’étalais sur mon carnet d’entrainement : « On ne nait pas champion, on le devient ». J’ai beaucoup appris à ses cotés, et compris que l’entrainement était la base de tout ".

Echo du Vélo : "En 1994, vous passez pro à Auber. Comment fut votre comportement (discret, sans complexes) et parlez-nous de ce titre de Champion de France espoirs 1994 ?"

Cyril Saugrain : "Fin de saison 93, je gagne Paris Tours amateurs, puis je rentre en décembre au bataillon de Joinville drivé par Michel THEZE : « un autre Grand Mr ». Je fais un très bon début de saison puis après deux grosses chutes (une avec le Bataillon de Joinville au Tour du Loire et Cher, treize points de suture à la fesse gauche et l’autre 2 mois et demi plus tard avec l’équipe de France en Espagne fracture de la clavicule, je passe à côté des championnats), il ne me reste plus que le championnat de France Espoirs en septembre. Ce jour-là, je suis sur un nuage, et je n’imagine pas perdre cette course, ce qui va s’avérer vrai, je finis donc l’année sous un maillot Bleu blanc rouge et fais mes premières courses « pros ». C’est dans la cour des grands qu’il effectue la Fin de saison 94 : « je participe à Paris Bruxelles et Grand Prix d’Isbergues que je finis plutôt bien placé (dans les 30 je crois). Après, c’est l’hiver, un peu de cross et l’envie de faire un bon début de saison. Dès ma première course au Tour Méditerranéen, je comprends la différence et le chemin qui reste à accomplir entre le monde des amateurs et les Pros, ça remet les idées en place".

Suite de la rencontre avec Cyril Saugrain dans une deuxième partie à venir !

 


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