Président du GP de Fourmies de 1989 à 2004, Jacques Thibaux 59ans fut réélu à la mi-décembre dernier à l’unanimité pour un nouveau mandat de trois ans , succédant à Alain Mermilliod. En cet fin de juillet, si la pression ne se fait pas encore trop sentir, la rentrée septembre sera marquée par l’organisation du 79ème GP de Fourmies.
« C’est pour moi une émotion car j’ai vécu tellement de belles choses de 1988 à 2004 quand nous avons amené cette course au zénith. Elle y est restée. Mais il faudra se montrer mobilisés car je tiens notamment beaucoup à l’esthétique de l’image du GP Fourmies ». Depuis cet hiver l’équipe du GP Fourmies s’est donc mobilisée pour le prochain 11 septembre 2011 : « La concurrence : en hors catégorie sera rude à la rentrée, nous devrons faire face à une importante concurrence de douze 12 courses ce week-end là… avec en plus la création d’une nouvelle épreuve par étapes en Italie pour le Tour de Panania ». Malgré tout , la qualité du plateau sera encore une fois au rendez-vous avec 22 équipes World Tour et Pro Continental.
Comment êtes-vous arrivé à la tête du GPF ?
Jacques Thibaux : « Je suis arrivé sur le GP de Fourmies en 1988… et j’en fus le Président de 1989 à 2004 passant d’un budget de 200 000f à 310 000 euros… Ce nouveau mandat n’était pas prévu mais suite à la démission d’Alain Mermilliod, je ne voulais pas que tout le travail qui a été réalisé depuis les années 90 soit menacé. Préparer cette course, c’est un an de démarches alors que cet événement sportif dure une journée. Nous n’avons pas le droit à l’erreur il ne faut pas se rater. Mon ambition étant d’amener le GPF de plus en plus à l’excellence. Dans les années 90, on n’est parti de presque rien et on a su convaincre. Il n’y a pas de miracle. Il faut que les grands coureurs reviennent à Fourmies. Avoir un beau peloton, c’est bien, mais une pointure en vainqueur c’est mieux. Pour qu’on parle du GPF, il faut des grands coureurs. . . ça attire le public et, le public, ça attire les sponsors. On va y travailler car le GPF mérite bien qu’on se batte pour lui . Aujourd’hui le GP de Fourmies c’est aussi des délégations comme Jean-Pierre Lenoble qui s’occupe des sponsors et Robert Nicaise des signaleurs, mais aussi 40 bénévoles et 600 personnes sur le terrain le 11 septembre ».
Comme organisateur, retrouvez-vous les mêmes sensations que dans les saisons passées ?
J. T. : « Oui, tout d’abord il faut savoir que comme tous les gamins, j’ai pratiqué le cyclisme… sans faire de compétition, mon sport à l’époque étant le football. J’ai toujours aimé le vélo, j’ai été ensuite un digne « cyclo sportif » de 1988 à 1998… réalisant plus de 7000kms, participant à la Marmotte, et aux étapes de Velo Magazine (arrivant même dans le 1er tiers). Ces moments forts m’ont aidé par la suite, me forgeant « mental et condition physique ». J’avais mes idoles… Hinault, Zoetemelk, Merckx et plus jeune j’étais un des nombreux supporters de Roger Rivière… Puis en 1989, le travail et les responsabilités, j’ai dû faire des choix… Je me suis impliqué au niveau publicitaire et je suis devenu Secrétaire Général de Mairie … J’ai vite compris que je pouvais apporter quelque chose de plus au Grand prix de Fourmies … . Maintenant le cyclisme ayant évolué nous allons nous adapté… je l’ai fait lors de mon précédent mandat, je vais m’appuyer sur un comité d’organisation soudé et cinquante bénévoles dévoués. Je souhaite leur donner plus de responsabilités dans les domaines des équipes, de la publicité, de la sécurité, de la communication, de la ligne d’arrivée. . . Je désire aussi renforcer nos relations avec les instances nationales et internationales ».
Comment situez-vous le GPF du 11 septembre ?
J. T. : « Un budget de 310 000 Euros qui s’appuie principalement sur des collectivités, partenaires avec en premier la ville de Fourmies. La nouvelle organisation du cyclisme, qui depuis quelques années a mis en avant la mondialisation, notamment dans les pays émergents, et une réglementation stricte nous ont fait du tort car le calendrier a explosé. Mais le GPF est toujours là l’épreuve est toujours très réputée… Côté sportif nous avons bien résisté par rapport à d’autres. Les coureurs savent que chez nous c’est bien organisé. Le GPF a de la notoriété et il compte dans le palmarès d’une carrière. Mais on a souffert. Avant la réforme du Pro Tour en 2005, on avait au départ que des équipes de l’élite professionnelle. Après, comme le GPF est en hors classe, il a été bridé... pas plus de 50 % d’équipes du Pro Tour sur la ligne. Fort heureusement, on a eu de beaux vainqueurs… Sachant que pour septembre prochain il y a deux principaux changements : La réattribution de points aux coureurs et l’augmentation, qui devrait être contenue (15 %), du tarif horaire des forces de l’ordre sur la course… ».
Avez-vous deux images qui vous ont marquées, pendant vos années à la tête du GP de Fourmies ?
J. T. « Lorsque je traine sur la ligne d’arrivée de Fourmies, il me revient certaines images fortes… comme cette arrivée spectaculaire de 1996 avec la victoire de Michèle Bartoli devant Franck Vandenbroucke, Claudio Chiappucci et Andréi Tchmil… un grand moment devant la foule des grands jours… maintenant il est vrai que je me suis aussi arraché les cheveux en 1997. Il y avait grève des camionneurs… donc plus de Gasoil… nous avons du envoyer des fourgonnettes en Belgique afin d’alimenter les voitures de l’organisation… et même ravitailler du coté de Lyon le camion VIP tombé en rade… ça a marché, mais c’était risqué… »
Cotés coureurs : on pourrait assister à une belle collection de tuniques tricolores après les championnats nationaux. Comme Giovanni Visconti (vainqueur du GPF en 2008), triple champion d’Italie, sera là. Il pourrait être rejoint par le champion de France, Sylvain Chavanel, et le champion de Belgique, Philippe Gilbert (vainqueur du GPF en 2006). On en saura plus lors de la Présentation du GP de Fourmies le 1 septembre 2011 à 9h30 dans les salons du Crédit Mutuel Nord Europe à Lille.